23 décembre 2005
Ils parlent de délinquance, je parle de pauvres mecs perdus
t'es sûr de rien ici
L'oubli guette les mecs à chaque coin de rue
A l'affût, prêt à bondir sur l'individu
Un mec s'endort sur le trottoir
Des mots résonnent dans sa mémoire
Faim, froid, besoin d'espoir
Mais c'est trop tard, les gens ne sortent plus le soir
Trop peur qu'un jeune loup les frappe dans le noir
Alors ils vivent dans un isoloir
Arrimés à la télé, y'a pas de temps à gaspiller
A saluer le voisin de palier, après, ça va critiquer
Ils parlent de délinquance
Je parle de pauvres mecs perdus
Pour qui de toute chose l'opulence est l'essence
Un tuyau, une bonne cage thoracique
Quelques litres, on joue à l'homme qui tombe à pic
Pour briser le cycle
Les cascades sont pas doublées
Dérapages incontrôlés
Dur d'effacer les fautes passées
Les ressasser, c'est insensé
Mais c'est le seul moyen d'exister
Une ligne, un tracé
Qui dit que tu vis, on ne sais jamais
T'es sûr de rien ici
T'es sûr de rien là où je vis
Ce que nous vivons, c'est pas une vie
Ici ou ailleurs, y'a pas de saisons
La guigne suit nos talons
Rien n'est prévisible sous les néons
Pour pas finir marron, combien jouent les nuisibles
Certains trouvent, certains cherchent
Ceux-là chercheront toujours
Si personne ne leur tend la perche
C'est perdu d'avance
On persévère avec un père sévère
On s'en sort parfois sinon les chimères hantent les esprits
Quand ils sont clairs, c'est la guerre
Dans les maisons, rien ne va plus
Mais y'a que là qu'on se sent concret
Aimé à jamais malgré les méfaits
Heureux on se parle pour se faire rassurer
Une mère, c'est une mère
Tu le sais, et c'est tant mieux
La spiritualité manque, le vital pèse
Avoir un toit, un chez-soi
L'abstraction du moi, c'est dur a la fin du mois, l'exemple est partout
Du coup, on met tous les atouts
Et malgré ça, pas moyen de mettre la poisse à genoux
Laisser la trace d'un passage éphémère
Dire qu'on a vécu
Ne pas finir comme une chanson qui meurt parce qu'on ne la chante plus
C'est le Graal que chacun poursuit Sans répit, souvent pendant plus d'une vie
Mais bon, t'es sûr de rien ici
T'es sûr de rien là où je vis
Ce que nous vivons, c'est pas une vie
Ici ou ailleurs, y'a pas de saisons
La guigne suit nos talons
Rien n'est prévisible sous les néons
Pour pas finir marron, combien jouent les nuisibles
L'incertitude déballe son inquiétude
Son lot de solitude
La paranoïa dans toute sa plénitude
Bientôt une balle jaillira d'un tube
Aussi sûrement qu'une étoile
Une âme peut s'arrêter de briller
En plein milieu d'un passage clouté, accepter
Ce fait pousse les mecs à risquer le tout pour le tout
A rendre coup pour coup
Au sol ne pas poser le genou
Confiance avare, le sourire s'égare par peur
Le manque de "Je t'aime" donne la rage au coeur
En sueur, voyant la fin, les pleurs
Devant un faible pourcentage de bonheur
Les gosses deviennent des terreurs, dealers
On peut pas dire ce qu'on a jamais entendu
Alors, on grandit seul, on vieillit seul, on meurt seul
Tout ça sans avoir vécu
Planté devant le miroir
Le temps qui passe laisse des marques sur le visage
Vite, faut laisser la trace d'un passage
Quelqu'un verra un nom gravé sur un banc public
A moins que tout ne soit qu'un rêve
T'es sûr de rien ici
T'es sûr de rien là où je vis
Ce que nous vivons, c'est pas une vie
Ici ou ailleurs, y'a pas de saisons
La guigne suit nos talons
Rien n'est prévisible sous les néons
Pour pas finir marron, combien jouent les nuisibles
shurik'n - sûr de rien
24 mai 2005
usé...
usé par un monde usé par l’avenir
qu’on ne comprends plus usé par un meilleur
qu’on a jamais compris qui ressemble au pire
mais qu’il continue et oui ça fait mal au cœur !
à tourner encore usé par l’ironie
à tourner toujours plus qui tua ma jeunesse
à faire tourner la tête usé par la comédie
à nos âmes perdues usé par les promesses
à nos cœurs qui appellent usé par la folie
et hurlent au secours usé par le dégoût
mais non y a plus de ciel usé d’être incompris
et non y a plus d’amour de marcher à genoux
et plus que des troupeaux usé par l’usure
des vendus des vautours usé par les regrets
des vendeurs de merveilles d’avoir fuit l’aventure
des joueurs de tambours d’avoir fuit la beauté
te voila qui reviens
te voila toi mon frère
qui me dit prend ma main
marchons vers la lumière
Et nos cœurs pleins d’espoir
et le cœur infini
on oublie qu’il fait noir
alors enfin on vie
et loin de leur tombeau
et loin de l’inhumain
on redevient fou à chaque matin
06 mai 2005
et la musique, et la pensée,
seules armes de ma guerre incensée
ma guerre sans cris, presque sans armes
ma guerre de cris, ma guerre de larmes
ma guerre contre la réalité
grotesque mise en scène de la vérité
les promesses qui s'envolent, qui partent en fumée
l'amour de carton, l'amitié de papier
et se battre pour ne pas accepter
que ce monde en lambeaux ne cesse d'empirer
fermer les yeux, pour être heureux, se sentir mieux
s'attendre au pire, se réveiller,
tomber plus bas que l'on aurait pensé.
encore déçue, déja vaincue
ne plus vouloir lutter
et se laisser crever
pour faire cesser les larmes
laisser s'envoler son âme
toujours plus loin, toujours plus haut,
vers l'horizon, tout est plus beau.
vers la musique qui te fait planer
plus que tout ce que t'as pu fumer
vers l'infini du monde que tu ne cesses de rêver
vers l'absolution de la liberté
l'air frais qui fait voler tes cheveux
loin du réel trop triste, trop creux
car tu étouffes, tu ne peux plus supporter
de faire semblant d'exister...
à St Petersbourg, moi je n'irais jamais...
À St Petersbourg, la neige tombe
C’est Dieu qui pleure l’histoire du monde,
des perles qui tombent, comme si le sang du ciel,
couvrait le siècle rouge d’un drapeau blanc
À St Petersbourg, la neige tombe
Pour panser de coton, le pauvre monde
mais le monde, c’est les hommes,
les pays, les « Bons Dieux »
et les perles qui tombent et qui vous montent aux yeux
À St Petersbourg, on a perdu la guerre,
pas celle des canons, mais celle des idées,
mais, il y a Olga la blonde, celle qu’on appelle « Espoir »
et celle qui espère, de refaire le monde,
un monde fait de lumière et de neige en été,
et de soleil d’hiver et de nuit d’amour...
saez (encore)
04 mai 2005
choisir n'est pas une liberté si les choix sont limités
Choisis ta vie,
choisis tes drogues,
choisis tes partenaires,
choisis ta sécurité,
choisis ta voiture, ta seconde voiture,
ta maison, ta femme, ton régime de couverture sociale,
choisis ton parfum, son parfum,
choisis ton téléviseur,
ton micro-ordinateur,
choisis tes banques,
choisis tes aliments,
choisis ton parti,
choisi ton fast-food,
tes vêtements,
tes crédits, choisis toutes les options,
choisis tes gênes,
choisis tes enfants, tes vacances, ta rébellion,
ta culture, ta conscience,
choisis ton camp.
choisis ton carburant,
choisis ton tabac,
choisis ton alarme,
choisis tes slogans,
choisis ton cancer,
choisis tes rêves,
choisis ta sexualité, tes revendications,
tes fantasmes, tes grèves,
choisis-toi une arme,
choisis tout c'que tu veux,
tout va disparaître...
03 mai 2005
pourquoi cette psychose générale? les gens sont donc tous devenus fous? pourquoi la Terre continuelle de tourner si l'humanité a disparu? ma tête explose sous l'effet des toxines qui envahissent mon cerveau, toujours ces mêmes questions qui se bousculent, se chevauchent sans fin car aucune réponse n'a été conçue, je perd même le sens de mes idées car tout est devenu flou. il ne reste que la douce musique qui résonne comme un glas merveilleux au bout de la nuit et toujours cette même tentation, si je ne veux de cette vie pourquoi ne pas l'abréger puisque cela est si simple, puisque le couteau est si proche, puisque la douleur est déjà si forte en moi? est ce la curiosité qui me retient ici ou la colère? cette rage qui surpasse la douleur et l'ennui, celle qui bouillonne dans mes veines annéantissant l'effet des drogues, cette rage magnifique qui se reflète encore et toujours au fond du bleu des yeux morts de l'image que me renvoie le miroir, éternels yeux ternes qui ne versent plus de larmes amères. "Une âme n'aurait pas d'arc-en-ciel si les yeux n'avaient pas de larmes". Je suis donc devenue incolore?
l'espoir subsiste donc encore?
Y’a la mélancolie
L’amour qui bat de l’aile
Et nous avons vieilli
Les poings montent moins haut
Mais il reste la force
De croire en la beauté
La sève sous l’écorce
De la liberté
Nous marcherons encore
Sous les cieux de tempêtes

